1/18/2010

Comme je descendais des fleuves impassibles



Je ne me sentis plus guidé par les haleurs. Vendredi soir dans une maison minuscule avec peut etre 80 ou même 100 personnes, je connais la moitié ou moins. Clopes empruntées encore, fumées au vent glacé - et tous ceux dont je suis tombée amoureuse ces derniers mois, ceux que je ne reverrais plus une fois revenue et qui me font rester. Je me souviendrais de leur nom puis peu à peu j'oublierais leurs visages. Giacomo, Camille, Joe, Alex, Stefania, Elina, Maria, Carlos, Jonathan, Manon, Björn, Elsa, Alberto, Morgan, Liam, ceux qui encore et malgré moi me font croire que l'humanité a quelque chose de beau. Atteinte d'anti-agoraphobie alors que tous étouffaient, j'aurais voulu baigner encore un peu dans la substantifique moelle, qui n'est en fait pas la vie mais ceux qui sont en vie. Je ne suis finalement qu'un parasite qui se nourrit des autres - et qui une fois seule n'est que coquille vide.

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